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À écrire à un ami, nous avons une félicité à portée de main, nous dit Maurice La Porte dans ses Épithètes. Car en écrivant, on libère son présent, on se donne du temps, on raconte, on se raconte, on sourit, on se sourit, on se rappelle, tu te rappelles.
On sort sa plus belle plume, on glisse tous ses mots dans son enveloppe où, sous la chaleur de l'été, la mer blanche, le ciel — navirent les bateaux.
Car écrire, ce n'est pas s'envoyer une photo : c'est son cœur devant le paysage que seule la main peut retranscrire. Ainsi nous dit David Le Breton dans La Fin de la conversation : « Rivés à leur mobile, même au bout du monde, les gens ne vont plus jamais nulle part ; ils restent toujours dans l'orbite de leurs réseaux, ils continuent à habiter chez leur smartphone. »
Autrefois, les lettres étaient une plongée dans l'intériorité, une conversation intime et durable avec son correspondant, un moment de sacralité ordinaire qui donnait une valeur à l'écrit et une attention à l'autre, du fait justement de leur rareté relative et du temps nécessaire à leur écriture et à leur lecture. Elles étaient attendues, surtout si elles venaient de loin ; on les gardait car elles étaient une mémoire pleine d'émotion.
〰️シUn rendez-vous avec l’intime, une invitation à saisir, profitons-en !!