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On dit les français du Québec, on dit les québécois qui en français ont des choses à nous dire sur l’usage de notre langue : " On dit que la peur est mauvaise conseillère, et c’est à cause d’elle notamment que la langue française au Québec est si étriquée. Appréhendant qu’elle disparaisse, on l’affuble d’un rigorisme qui donne l’effet contraire; puisqu’elle nous laisse si peu de place en tant que locuteurs, on a plutôt envie de la déserter. Plus on se fait rabrouer sur notre façon de parler ou d’écrire, moins on a envie de faire sienne sa langue, ce qui n’est pas étranger au fait que l’on remarque à Montréal une plus grande utilisation de l’anglais en tant que langue courante, notamment chez les jeunes. Il y aurait avantage par ailleurs à réformer les cours de français en incluant la participation des linguistes, trop peu consultés. « Le français est capable d’inventer des mots, on a tous les outils, mais on n’a pas la permission morale. Ce mot-là n’existe pas s’il n’est pas dans le dictionnaire, ce mot-là n’existe pas s’il n’est pas permis par tel ou tel. En fait, c’est l’attitude par rapport à la langue qu’il faudrait changer, l’idée que les personnes qui parlent une langue n’ont aucun mot à dire sur cette langue-là. " nous dit Anne-Marie Beaudoin-Bégin.
Ainsi nous Anne Marie Beaudoin : "Puisque le masculin prévaut, et à force de loi, le féminin est invisibilisé. Plusieurs efforts au Québec sont tentés pour rendre la langue inclusive, mais comme chaque fois qu’un changement s’opère dans le domaine, la route est longue et connaît ses diffamateurs. Anne-Marie Beaudoin-Bégin n’apprécie guère le point médian (ex. : administrateur·trices). Étant donné que la langue est d’abord une affaire d’oralité, cette formule ne résout pas le problème. "
Un point qui ne résout pas le problème à l’oral, elle a bien raison et qui ne le résout pas à l’écrit non plus tellement il est insuportable à lire, car dans un ensemble pourquoi s’obtiner à compter ?
Anne-Marie Beaudouin a enfin des choses à nous dire sur les néologismes, des choses à mettre en pratique. D'une part, tous les mots peuvent se traduire en français car il n'y a pas de limite concevable à leur agencement, parce qu'il n'y a pas de limite à la couleur, à la lumière. Il n'y a pas de mesure à la mesure des mots et plus important encore, il n'y a pas de mots usés, pas d'obsolescence des mots : « La langue se veut le reflet de nos idées et de notre esprit, mais aussi, et peut-être avant tout, de nos émotions. En sachant cela, la confiner est d'autant plus absurde puisqu'elle contraint même nos liens, nos élans, nos impulsions. On tente de la standardiser, mais « la langue va aller là où elle veut ».
Alors ? les mots nouveaux ne sont pas tellement mon problème, non moi ce qui me dérange ce sont les mots qui ont disparu comme navirer de navigium et avec lui le sens qu'il donne à la navigation quand navirer c'est ramer ensemble, naviguer suivre un GPS.
On ne cule pas quand on navigue, il faut navirer pour poser ses voiles en ciseaux pour flâner nonchalamment malgré les vents arrière comme l'écrit Théophile Gautier.
Eh bien ! c'est un vocabulaire que je trouve aujourd'hui essentiel à avoir sous la main au figuré car la vie ce n'est pas une ligne droite, c'est un navirement et encore ? c'est chaque jour que je trouve des réponses dans tous ces mots que l'on fait disparaître au profit d'un néologisme délétère !
シLes québécois ont des choses à nous dire et c’est tant mieux, profitons du 12 août pour le dire ensemble !!