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L’essor des lunettes connectées, souligne la CNIL, pourrait engendrer un important risque de surveillance généralisée et une forme de banalisation de celle-ci : toute personne pourra potentiellement être équipée d’une caméra dans toutes les sphères publiques (rues, commerces, plages, etc.) et privées (domicile, lieux de travail, etc.). Le coût relativement modéré de ces dispositifs pourrait engendrer une saturation de l'espace social par des capteurs.
Cette mutation, d’une surveillance fixe, signalée et encadrée (la vidéoprotection que nous connaissons tous et sommes capables d’identifier) à une surveillance mobile, quasi invisible et omniprésente, pourrait induire une transformation profonde de nos sociétés.
Les lunettes connectées ne sont pas de simples outils technologiques. Par leur capacité à capter, traiter et interpréter des données en temps réel, sans que les personnes autour en aient nécessairement conscience, elles présentent des risques majeurs pour la vie privée.
Par leur fonctionnement même, les lunettes connectées sont susceptibles de capter des sons, des images et des vidéos des personnes se trouvant à proximité de leur utilisateur, parfois sans que celles-ci en aient pleinement conscience. En effet, dans la mesure où ces lunettes ne sont pas clairement différenciables de lunettes « classiques », il est très difficile pour les personnes à proximité de savoir si elles sont filmées ou enregistrées. De plus, les dispositifs techniques permettant d’informer les personnes d’une captation (activation d’un voyant lumineux par exemple) n’ont qu’une portée limitée, d’autant plus qu’ils sont absents pour certains usages. En facilitant la captation de données à partir d’un objet du quotidien qui n’a, habituellement, pas cette finalité, ces dispositifs présentent un caractère particulièrement intrusif.
〰️シUn cadeau empoisonné à ne pas banaliser, on en reparlera !!