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Ce n'est un secret pour personne : Amazon ne porte pas l'encadrement des frais de port du livre dans son cœur. En 2014, après l'interdiction de la gratuité, le géant avait fixé le tarif à 0,01 €, s'assurant ainsi un argument commercial de taille face aux libraires et à d'autres concurrents, pour lesquels il était difficile de s'aligner sur un montant aussi faible.
L'instauration d'un prix plancher des frais de port du livre, fixé à 3 € (pour toute commande inférieure à 35 €), a provoqué diverses réactions de la part de la firme américaine, qui s'était investie dans les discussions et consultations préalables. Depuis l'entrée en vigueur, la multinationale a commandé deux études à l'institut de sondage IFOP, afin de démontrer l'impact négatif de la mesure sur les achats de livres des Français.
Ce 5 octobre, donc, Amazon a proposé une alternative : les livres commandés sur la plateforme pourront être livrés gratuitement, sans montant minimum, dans une sélection de plus de 2500 points de retrait en France.
Pour nous, libraires,
Amazon contourne l’impôt
Amazon détruit plus d’emplois qu’il n’en crée
Amazon organise une concurrence déloyale
Amazon contribue à la dévitalisation des territoires
Amazon nuit à l’environnement (multiplication des livraisons unitaires, surconsommation, artificialisation des sols)
Amazon échappe à de nombreuses contraintes et taxes qui pèsent sur les commerces physiques (assujettissement aux CDAC, moratoire sur les implantations, Tascom…)
Amazon s’oppose à la création de syndicats
Amazon combat le prix unique du livre
En France, les libraires sont, à eux seuls, aussi nombreux que l’ensemble des employés d’Amazon. À chiffre d’affaires comparable, notre profession génère 9 fois plus d’emplois que cette multinationale. L’emploi, c’est en librairie et dans les commerces physiques, pas sur Amazon !
Dans un document synthétique sur le prix unique du livre, mis à jour en 2024, le Médiateur fournit d'ailleurs un début de réponse, en précisant, au sujet du prix plancher des frais de port du livre : « Cette tarification minimale s’applique également quand le livre n’est pas directement expédié au domicile de l’acheteur mais est retirable dans un commerce qui n’est pas un commerce de vente au détail de livres mais un commerce d’une autre nature faisant office de simple relais-colis. »
Lors de son audition par la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport, au Sénat, ce mardi 5 novembre, la ministre de la Culture Rachida Dati a confirmé qu'elle avait saisi le Médiateur du Livre « sur cette question de l'interprétation de la loi. Une fois la saisine reçue par le médiateur, la procédure peut prendre jusqu'à quatre mois.
〰️シÀ nous lecteurs de ne plus banaliser les mauvaises pratiques en allant à pied chez son libraire de proximité payer ses livres en monnaie sonnante et trébuchante, on en reparlera !!