/image%2F1283963%2F20260205%2Fob_13e875_thumb-91344-image-article-photo.jpg)
C’est une campagne du Groupement des Métiers de l’impression et de la communication (GMI) qui ne passe pas inaperçue et qui nous rappelle deux choses qu’en ces temps qui ne sont pas modernes mais éternernels rodent des menaces éternelles et que rien ne remplace le lecture d’un livre papier.
On pointe souvent du doigt les impacts du papier. Pourtant, lire un roman de 300 pages sur papier représente une empreinte carbone près de 10 fois moins importante que sa lecture sur liseuse ou tablette. Étonnant ? Oui, si l’on ne prend en compte que la transmission des données, correspondant au téléchargement d’un livre d’environ 3 Mo. Mais il faut aussi prendre en compte la fabrication, le transport et la fin vie des liseuses et tablettes.
Autant d’éléments qui pèsent lourd sur la balance environnementale aussi n’achetez une liseuse que si vous êtes un gros lecteur. Sachez qu’il faut en effet lire au moins 50 livres sur liseuse pour que chaque livre supplémentaire ait moins d’impact carbone que le format papier neuf et même davantage si l’on prend pour comparaison la lecture d’un livre d’occasion.
Dans les faits, l’obsolescence (apparemment) programmée du livre imprimé tarde à se manifester. Peut-être est-ce parce que les supports papier n’ont, finalement, pas que des désavantages. Ils permettent de surligner et d’annoter le texte, ce qui est souvent possible, mais pas toujours facile avec une liseuse. Ils sont parfaitement autonomes et ne requièrent ni batterie, ni dispositif intermédiaire de présentation (liseuse, tablette, etc.), ni connexion Internet (pour le téléchargement des fichiers et la mise à jour des appareils), ni compétences informatiques (avec le livre électronique, les problèmes logiciels et de formats [e-pub, Kindle, PDF, etc.] sont parfois épineux).
Autre avantage, les ouvrages imprimés sont matériellement robustes. On peut les faire tomber, les secouer, marcher dessus par inadvertance, les confier à de très jeunes enfants et les emporter sans trop de risques dans des endroits qui s’avèrent passablement inhospitaliers pour leurs équivalents numériques comme le bain, la plage et surtout dans le train !
Plus important encore, le livre appartient physiquement à l’acheteur. Il peut être prêté, donné, revendu ou mis à disposition dans des zones de libre-échange qui se multiplient au sein de l’espace public. Ce n’est pas le cas des livres électroniques qui n’offrent qu’un simple « droit d’usage » et n’autorisent communément ni la revente, ni le partage.
Enfin, et surtout, nos bons vieux bouquins ignorent la désuétude. Placés dans un endroit à peu près sec et sombre, ils se conservent quasiment sans limite. Chaque enfant peut ainsi aisément, à vingt, trente ou cent ans de distance, explorer la bibliothèque de ses aînés. Il peut, sans contrainte, parcourir cet univers littéraire qui le rattache à ses racines. Il peut s’y promener, s’y insérer, s’y perdre. Il peut s’y absorber jusqu’à rencontrer, parfois, un aïeul inconnu qui, au cœur d’un jeu de piste imprévu, a laissé ici, entre deux pages, une lettre oubliée, et là, dans un coin de marge, un fragment d’émotion manuscrite.
〰️シDe bonnes raisons pour rendre visite à son libraire indépendant, profitons-en !!