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Alors qu’une large majorité de Français estime avoir une bonne maîtrise de l’orthographe, notamment chez les cadres, on constate dans les faits qu’ils surestiment leur niveau. Pour preuve, ils ne sont que 58% à obtenir une note supérieure à 12/20 à la dictée que leur a soumis l’IFOP, à partir de phrases basiques et sans piège majeur. Les résultats indiquent également un décalage certain entre générations : quand huit seniors de plus de 65 ans sur dix obtiennent a minima 12/20, moins d’un jeune sur deux seulement y parvient.
Qu’ils aient ou non un bon niveau, les Français sont très sensibles à ce qu’ils lisent et à ce qu’ils écrivent. C’est le reflet d’un patrimoine culturel partagé, d’une vraie valeur sociétale. Ceci explique pourquoi la faute d’orthographe est vectrice de sanction sociale, dans la vie professionnelle comme dans la vie personnelle, y compris dans la sphère intime où elle est considérée comme un « tue-l’amour ». Et l’aversion pour les fautes d’orthographe, comme en témoignent les différences d’appréciation entre cadres et ouvriers par exemple, apparaît comme un puissant facteur de « distinction.
Qui n'a jamais cliqué sans se relire me jette la première pierre et rien que la semaine dernière alors que chat échaudé craint l’eau froide, je me suis faite piéger à écrire un petit commentaire dans une interface qui ne permet pas de modifier, funeste erreur !!
Que c'est ballot et même ballotte, bien mal m’en aura pris avec une gigantesque faute , plus grosse que mon commentaire plein cadre !
Ma réputation est ruinée et pas seulement quand Michel Desmurget avoue dans son livre TV Lobotomie " Le monde professionnel, n’affiche aucune pitié pour les handicapés de l’orthographe. Les fautes se payent comptant, même (et surtout) lorsqu’elles sont anodines. Ainsi, quand je reçois une lettre de motivation farcie d’erreurs, je la jette au panier sans état d’âme aucun.
Pourquoi est-il si cruel ? Parce cliquer trop vite sans se relire, c’est brouillonner, c’est écrire au brouillon, ce n’est pas prendre son temps pour écrire correctement, ce n’est pas prendre le temps de mettre de l’odre dans ses idées, c’est bacler, quand les paroles s’envolent, mais que les écrits restent.
Un Bescherelle, une dictée à s’offrir et bien on saute sur l’occasion avec la dictée de Prosper Merimée dans ce livre d’Antoine Laurin, écrite en 1857 à la demande de l’impératrice Eugénie, afin de distraire la cour. Napoléon III aurait fait soixante-quinze fautes, l’impératrice soixante-deux, Alexandre Dumas fils, vingt-quatre, Octave Feuillet, dix-neuf, et Metternich fils, ambassadeur d’Autriche, trois. À l’annonce des résultats, Alexandre Dumas fils se serait tourné vers Metternich pour lui demander : "Quand allez-vous, prince, vous présenter à l’Académie pour nous apprendre l’orthographe."
Très agréable livre à lire, on y apprend surtout que les dictées sont un sport pour l’esprit à commencer tôt et à finir tard, mais pourquoi ?
La dictée aide les enfants à mémoriser l’orthographe des mots, à pratiquer la grammaire, on s’en doute mais pas seulement, elle les aide à rencontrer de nouveaux mots, à enrichir leur vocabulaire, mais bien plus encore !
Tellement plus encore oui, car la dictée a un pouvoir magique, elle améliore la mémoire et l’écriture des sons, ce qui améliore l’écoute, la compréhension et la prononciation des mots. De là à dire que pratiquer la dictée chaque jour aide à mieux s’entendre ? On le dit aussi !
〰️シ Des corbeilles de Bescherelle à s’offrir et des dictées à se partager, profitons-en !!