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Les entreprises numériques de l'économie de l'attention génèrent de l'activité économique, notamment via leur chiffre d'affaires, les ventes induites par la publicité en ligne et les gains de productivité liés au développement de nouveaux outils et fonctionnalités.
Elles génèrent toutefois aussi des externalités négatives importantes pour les utilisateurs et la société (e.g. perte de temps productif, impact sur les facultés cognitives ou la santé mentale). Celles-ci pourraient atteindre – selon un travail de recension de la littérature existante – entre 2 et 3 points de PIB à long terme pour la partie quantifiable de ces impacts. Cet ordre de grandeur dépend avant tout de la détérioration des capacités cognitives des enfants, qui réduira leur productivité future lorsqu'ils seront entrés sur le marché du travail.
Les performances scolaires peuvent être mesurées par le score PISA. L'étude PISA 2022 montre que les élèves ayant une utilisation très importante du smartphone à l'école (plus de 3 heures par jour) ont des scores PISA en mathématiques entre 30 et 50 points inférieurs à ceux des élèves ayant une utilisation modérée du smartphone (moins de 2h par jour), après prise en compte du profil socioéconomique des élèves et des établissements. En extrapolant cette perte, de l'ordre de 6 à 10 %, aux deux autres domaines PISA (compréhension écrite, culture scientifique), la baisse totale du score PISA pourrait atteindre entre 90 et 150 points. Ces estimations, fondées sur des données récoltées avant l'arrivée des grands modèles de langage d'IA générative (LLM, large language models), ne prennent pas en compte le potentiel effet négatifs des LLM sur les capacités cognitives dont Kosmyna et al. (2025) suggèrent notamment que les LLM pourraient conduire à la détérioration des capacités cognitives via la formation d'une « dette cognitive » : à court terme, l'utilisation de LLM demande un effort moindre, mais elle a un coût à long terme, avec une diminution de l'esprit critique et de la créativité.
La surexposition aux écrans et l'utilisation de médias sociaux déjà associées dans la littérature à une détérioration de la qualité du sommeil et à une plus forte prévalence de troubles psychologiques comme la dépression, l'anxiété et le stress chronique s'observent a priori déjà à court terme. Cela provient à la fois d'un effet « direct » lié à la sollicitation numérique (génération d'hormones du stress) et des fonctionnalités de certains outils (comparaisons sociales sur les réseaux sociaux par exemple). L'Insee indique ainsi que 34 % des internautes – dont 57 % des moins de 20 ans – déclarent ressentir au moins un des effets néfastes des écrans comme la réduction du temps de sommeil, envie obsédante, etc
La forte utilisation du smartphone pourrait ainsi conduire à une hausse de 28 % de ces troubles de l'humeur en population générale. Cette proportion peut ensuite être combinée aux coûts directs (soins médicaux, etc.) et indirects (absentéisme au travail, retraite précoce…) liés à ces troubles, qui représentent de l'ordre de 17 Md€ par an en France en 2010, avant la massification de l’usage du smartphone . In fine, l'augmentation des coûts sanitaires liés au développement de l'économie de l'attention pourrait donc représenter 28 % de ce 17 Md soit environ 0,2 point de PIB.
À court terme, l'économie de l'attention génère également une perte de temps productif par l'utilisation de certaines plateformes durant les heures de travail pour des raisons extra-professionnelles (consultation de réseaux sociaux, etc.). Certaines études suggèrent ainsi que les salariés pourraient passer entre 20 minutes et 2 heures et demie de leur journée de travail à consulter leur smartphone pour des raisons non liées à leur activité professionnelle.
En outre, le temps de travail effectif est réduit par la nécessité de se reconcentrer après une interruption liée à l'économie de l'attention. Ce temps de « re-concentration » nécessaire pour revenir à sa tâche première peut être significatif, même s'il varie suivant la nature et la longueur de l'interruption.
La perte de PIB associée peut être estimée à environ 0,4 % du PIB
〰️シUne économie de l’attention qui n’hésite pas à tirer dans le tas pour gagner plus, c’est bien que nos enfants n’ont rien à y faire, on en reparlera !!